15 avril 2015 18:00

Avez-vous déjà entendu parler des MOOC ? Les Massive Open Online Course sont des cours en ligne ouverts à tous. Le concept est né aux États-Unis pour permettre à tout un chacun de bénéficier des formations des meilleures universités américaines, à partir d’une simple connexion internet. À quoi est dû le succès de ces formations ? Pourraient-elles remplacer l’enseignement traditionnel ?

Vous avez dit MOOC ?


Le terme est né en 2008, mais l’essor des MOOC ne date réellement que de 2011. L’université de Stanford avait alors lancé un cours en ligne portant sur l’Intelligence Artificielle, qui avait attiré plus de 160 000 étudiants venus de 190 pays. L’enseignant en charge du cours, ravi d’un tel succès, avait par la suite quitté l’université pour lancer sa propre plate-forme de cours en ligne, Udacity.


Plus tard, les start-up EdX et Coursera contribuèrent à dynamiser le concept, suivis par de nombreux autres acteurs. Aujourd’hui, Coursera est le leader du marché avec plus de 10 millions d’étudiants.


Un fonctionnement simple


Si les MOOC, ont autant de succès, c’est notamment grâce à un fonctionnement simple. L’enseignant est filmé et la vidéo est diffusée sur internet. Leur format court - en moyenne une durée de 15 minutes - et l’interaction entre l’équipe pédagogique et l’étudiant les distinguent des méthodes d’e-learning classiques. En effet, les enseignants se rendent disponibles dans des sessions live à la date convenue par avance, durant lesquelles ils répondent aux questions des étudiants.


Les MOOC permettent également d’ouvrir une discussion autour du sujet d’apprentissage, grâce à des forums qui permettent la création de groupes de travail.



Un concept gagnant-gagnant


Pour les étudiants, l’avantage va de soi : quel que soit leur âge, leur niveau d’études, leur classe sociale, ou leur situation géographique, ils peuvent accéder aux MOOC. Le format court, souvent de 3 à 4 heures par semaine réparties sur une durée d’1 à 6 mois, la possibilité de les consulter à tout moment sur ordinateur, tablette ou smartphone en font les principaux attraits. Par ailleurs, la plupart des MOOC sont gratuits, même si certains proposent de fournir un certificat de réussite contre des sommes allant de 50 à plus de 400 euros. Cela reste un prix compétitif par rapport au coût d’une formation classique.


Les enseignants, écoles et universités aussi y trouvent leur compte en faisant des MOOC un véritable outil marketing. Ceux-ci leur permettent de s’adresser à un auditoire plus large, d’acquérir une meilleure visibilité et ce notamment à l’international. Dans le meilleur des cas, ces cours en lignes peuvent convaincre de nouveaux étudiants d’intégrer leur cursus traditionnel.


L’avenir du MOOC


Comme dans un cours offline, l’intérêt d’un MOOC dépend principalement du talent du professeur pour captiver ses élèves et d’un contenu pédagogique cohérent… Il faut en plus une qualité vidéo suffisante, et de l’interaction entre les participants pour rendre le cours plus vivant. Les MOOC français sont d’ailleurs souvent critiqués pour leur manque de dynamisme.


En outre, ce mode d’enseignement ne convient pas à tout le monde. Beaucoup d’étudiants ont besoin d’être accompagnés dans leur apprentissage et ont donc tendance à se décourager face à une quantité de travail trop importante. Seuls 10% des utilisateurs de Coursera arrivent au terme de leur formation.


Malgré la flexibilité offerte par les MOOC, le monde de l’entreprise ne se prête pas encore tout à fait à ce type de formation. Il faudrait envisager certaines réformes, comme l’attribution de créneaux sur leur temps de travail aux salariés en autoformation.


Récemment, le Président François Hollande a annoncé que tous les chômeurs auront accès gratuitement aux services premium de la plate-forme de MOOC française OpenClassrooms. « En France, nous avons non seulement trop de chômeurs, mais nous avons aussi trop d’offres d’emploi d’entreprises qui ne trouvent pas de réponse faute de qualification et de formation, » dit-il.


Pour la plupart des Français, le e-learning est un concept encore flou. 62% d’entre eux le considèrent comme un complément à une formation classique, signe que des obstacles culturels demeurent.